Deux poids, deux mesures.

15 03 2008

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Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir dans les journaux télévisés ce vendredi, la différence de traitement que subissent deux hommes sur le devant de l’actualité. Je m’explique.

  1. Le journaliste indique que Jérôme Kerviel, dit “le trader fou”, a fait une demande de remise en liberté de sa détention provisoire. Celui-ci est détenu depuis le 4 février afin de ne pas détruire de preuve, de ne pas mettre en place de concertation frauduleuse avec d’éventuels complices ou de fuir à l’étranger. Il sera fixé sur son sort le 18 mars.
  2. Le journaliste poursuit sur l’actualité en parlant de l’affaire UIMM. En effet, le MEDEF retire le mandat d’administrateur à Dominique de Calan. Il est vrai que Madame de Parisot s’était tellement émue de l’affaire dans la presse… Quelques mois après la mise sur le devant de la scène de l’affaire. Enfin, mieux vaut tard que jamais comme le dit l’adage. Vaste blague.

Voilà le problème. D’un côté, on a un type qui n’est pas issu du sérail des hommes d’affaires ou des hauts fonctionnaires sortis de l’ENA. De l’autre côté, on a une organisation avec à sa tête Denis Gautier-Sauvagnac qui lui navigue dans les différents conseils d’administration d’entreprise ou de caisses de retraite, des organismes de formation. Il a également présidé l’assurance chômage.

Il est vrai que Kerviel a fait perdre à la Société Générale quelques 4,9 milliards d’euros mais cette dernière reste bénéficiaire malgré tout (les 2 milliards d’euros perdus à cause de la crise des subprimes américaines sont passés comme une lettre à la poste). Cependant, on le maintient en prison pour éviter la falsification de preuves et Monsieur Gautier-Sauvagnac peut de son côté négocier une mise à la retraite avec un cadeau de 1,5 millions d’euros et la possibilité de se voir régler ses futurs frais de justice et fiscaux par l’UIMM.

Je rappelle également que Monsieur Sarkozy, alors ministre des Finances, a été alerté de la situation en été 2004.

La démission de Monsieur Bouton, ancien haut fonctionnaire des impôts et à la tête de la Société Générale, a été refusée à 2 reprises. Son salarié est en prison. L’UIMM fait un brin de ménage mais juste un brin. Il ne faut surtout pas faire peur aux partis politiques et aux organisations syndicales qui ne semblent pas pressés de savoir qui sont les destinataires de ces fameux 19 millions d’euros retirés en liquide. Comme le dit Me Leborgne, l’avocat de DGS, dans Marianne : “il y a des secrets qu’il vaut mieux parfois ne pas dévoiler, dans l’intérêt de la démocratie“. Alors là, moi ce genre d’affirmation me laisse pantois. Nous, pauvres bougres, nous ne saurions pas capable de comprendre toutes ces choses qui nous dépassent.

Pourquoi nous laisse-t-on encore le droit de vote ? Pourquoi devrait-on se syndiquer ? A la tête de notre pays, ce sont petits arrangement entre amis car les français sont des abrutis incapables de comprendre les rouages de notre société. Il ne faut surtout pas s’étonner que les citoyens ne croient plus ni en la justice de leur pays, ni en leurs hommes politiques et ni même aux organisations syndicales.


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2 réponses

15 03 2008
benjii

Le scandale financier est le propre des démocraties. La tragédie humaine est le propre des autres régimes.
C’est mieux que rien. Comme le disait Churchill : la démocratie est le pire des régimes politiques, à l’exception de tous les autres.

On ne saura de toute façon pas le fin mot de cette histoire avant que ce ne soit bien tassé.

15 03 2008
endirectdu104

Connaître le mot de la fin me semble être totalement irréalisable. Lorsque l’on voit comment de Villepin est traité par le dernier rapport de police dans l’affaire Clearstream. C’est un rapport à charge.

Je trouve simplement scandaleux le traitement réservé à Kerviel à l’inverse de celui réservé aux pontes de l’UIMM.

Toujours est-il que cette citation de Churchill est tellement vrai.

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